Si l'égalité entre les femmes et les hommes...

Si l’égalité entre les femmes et les hommes progresse, force est de reconnaître que les femmes sont encore victimes de préjugés, de stéréotypes, d’inégalités qui limitent leurs vies professionnelles, familiales et sociales. L’heure demeure au développement d’une éducation à l’égalité filles – garçons, à la révision d’attitudes et de discriminations sexistes qui s’inscrivent dans des représentations traditionnelles de dévalorisation du féminin par rapport au masculin. Cette infériorisation est gravée dans le marbre de la langue, elle réside dans la catégorisation en genres hiérarchisés. « Désexiser » la langue, les jouets enfantins, les rôles sociaux des adultes ; repenser la notion de genres et leurs attributions conformes aux usages ; resituer les rapports humains dans une perspective historique et théorique ; bousculer les normes, les lieux communs… Tout cela répond à la Convention interministérielle de 2007 sur l’égalité entre femmes et hommes et les missions éducatives afférentes. Ces conversations en famille, en classe, entre élèves sont des invitations éducatives à des discussions pédagogiques qui visent plus amplement une éducation à la citoyenneté, copartagée par les coéducateurs que sont les enseignants et les parents. Homme ou femme : c’est une question de connaissance et de respect, tout simplement. Conversons-en.

Dis-moi, qu'appelles-tu la division sexuelle des tâches ?

– Qu'appelles-tu la division sexuelle des tâches ? – C'est une répartition inéquitable et injuste des tâches domestiques, professionnelles et sociales entre les femmes et les hommes. – C'est-à-dire ? Tu veux parler d’une inégalité… – Eh bien, aux hommes, on confie des tâches nobles comme décider de l'avenir d'un pays, diriger une grande entreprise et on concède aux femmes de s'occuper de l'éducation des petits enfants, d’effectuer des activités peu valorisantes comme caissière, standardiste, etc. – Alors, tu trouves que le métier de caissière est peu valorisant. – En comparaison avec des métiers de direction et de responsabilités réservés aux hommes, oui, on peut le penser. On ne demande pas d'initiative à une caissière, que je respecte par ailleurs. C'est même parfois un métier qui s'impose justement du fait de la souplesse ou flexibilité des horaires permettant de s'occuper des enfants dont le mari ne s'occupe pas. Une flexibilité qu’on ne propose pas aux hommes ! – Tu veux dire, en définitive, qu'il n'y a aucune raison que les hommes ne s'occupent pas des enfants, qu’ils ne fassent jamais la cuisine ou la vaisselle. – En vois-tu, toi, une raison ? – Non. C'est pourtant toujours les filles qui font la cuisine. – Simone de Beauvoir explique que si les filles et les garçons sont égaux à la naissance, en grandissant, les filles se conforment à un modèle que les hommes ont imaginé pour elles. Elle écrit : « on ne naît pas femme, on le devient ». C'est ainsi que son livre va éveiller des consciences, conduire des femmes à vouloir vivre comme des hommes et le revendiquer haut et fort. Après quelques livres révélateurs d'une nouvelle conscience de la condition féminine, les femmes vont défiler dans les rues dans les années 1960 et 1970 pour contester toutes les dominations masculines et demander le droit de choisir d'avoir ou non des enfants, de choisir le nombre d'enfants souhaité. Elles réclament le droit à la contraception et à l'avortement. – Tu peux m'expliquer ces mots ? – La contraception est un moyen d'éviter la grossesse tout en ayant des relations sexuelles. On emploie alors le préservatif ou bien les femmes prennent la pilule anti - contraceptive. L'avortement désigne la possibilité d'interrompre une grossesse grâce à une intervention médicale. – Les femmes peuvent donc vivre comme elles veulent, si je comprends bien. – Tout à fait. À partir de 1975, les femmes disposent libre-ment de leur corps. Et du coup de leur avenir. – C'est donc une victoire. – Absolument. Mais les féministes doivent être prudentes. Certaines personnes rêvent de revenir sur ces lois considérées comme trop libérales.

Et moi qu’est-ce que je peux faire dans ma classe?

Soyez confiant en votre propre créativité et aux échanges d’idées et de démarches pédagogiques au sein de l’équipe éducative de votre école. Il est préférable de vous inscrire dans un projet d’ensemble. Un projet d’école que chaque enseignant porte et devra défendre devant les parents d’élèves, les parents élus au conseil d’école auxquels il con-viendra de présenter et justifier la démarche éducative dont l’objectif général est humaniste et solidaire d’une politique d’anti-discriminations et d’anti-marginalisations des personnes humaines quelles que soient leurs différences de sexe ou de genre. Il conviendra peut-être de faire preuve de péda-gogie auprès des parents, toutefois la question des femmes n’est plus un sujet « tabou ».
En bref, on mobilisera les enfants avec les actions suivantes :
– À l’école maternelle : travailler sur les stéréotypes et cli-chés, les lieux communs à partir d’albums, d’images mon-trant des rôles différenciés et hiérarchisés ; conduire les élèves à réfléchir sur la validité de ces comportements ; amener à une dictée à l’adulte sur les conduites non sexistes…
– À l’école primaire : faire étudier des personnages féminins célèbres à mettre en rapport avec des hommes célèbres, interroger les rôles domestiques et les carrières attribués aux filles, faire observer les stéréotypes dont sont impré-gnés les manuels scolaires, faire réfléchir sur les notions de sexisme et de stéréotypes, de machisme…
– Au collège : développer progressivement une réflexion sur la question du genre, faire étudier les stéréotypes sexistes dans la littérature et les arts visuels, le cinéma ; conduire des séquences sur le sexisme, les liens avec l’homophobie et plus généralement le racisme, les exclusions de la per-sonne ; réaliser des activités de théâtre forum, des débats « philosophiques », des activités de recherches person-nelles relatives à la thématique ; valoriser et partager les travaux avec les autres classes du collège : l’exposition « boîte aux clichés homme/femme » ; le catalogue des pu-blicités sexistes ; l’exposition de promotion des rôles et métiers non traditionnels, l’exposition des affiches de phrases sexistes de grands littérateurs…

Communication sur l'ouvrage...

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Animation pédagogique sur la question du genre et du sexisme...


- BROCHURE D'ACTIVITE DES PETITS EGAUX - BULLETIN D'ACTIVITES_TRANSVERSALES_SCENARIOS_ ANTISEXISTES - GUIDE DU FILM "LA DOMINATION MASCULINE" - GUIDE DU RESPECT : les mots qui blessent - Questionnaire Représentations Femmes / Hommes - GUIDE DE NI PUTES NI SOUMISES - BANDE DESSINEE DE LA COMMISSION EUROPEENE "MOI RACISTE?"